Évaluer qualité d'air ou pas?
air quality monitoring instruments on the outdoor

Un achat ou une vente immobilière peut impliquer de nombreux professionnels, dont le rôle n’est pas toujours bien connu.

Inodore, incolore, l’air que l’on respire est si présent dans nos vies que peu de gens y portent attention. Lorsqu’il est contaminé, il devient toutefois un enjeu important en raison des problèmes de santé qu’il peut engendrer. Comme personne ne veut acheter une demeure qui peut empoisonner ses futurs occupants, le moindre soupçon devrait être l’objet d’une expertise. Ce rôle est dévolu aux inspecteurs en qualité de l’air.

DOIT-ON ENGAGER UN INSPECTEUR?

Près de 20 % des inspections en qualité de l’air que font les experts et leurs équipes sont réalisées en vue de l’achat d’une maison. Règle générale, c’est lorsqu’un problème a été soulevé au moment de l’inspection préachat que ses services sont requis. « On peut avoir observé des moisissures, des champignons, des odeurs d’humidité ou la déclaration du vendeur a fait état d’une problématique comme un refoulement d’égout ou une plantation de cannabis. Nous pouvons être recommandés par les courtiers, ou c’est grâce au bouche à oreille que les futurs acheteurs cognent à notre porte », souligne un expert.

L’objectif de son travail : trouver la source de la contamination, son étendue et proposer des solutions. Un problème de qualité de l’air qui n’a pas été détecté au moment d’un achat n’a rien d’anodin et peut faire l’objet de recours pour vice caché. « Ce n’est pas toujours lorsqu’on emménage que les problèmes apparaissent. Cela peut prendre des mois. Nos rapports doivent être réalisés selon les règles de l’art, car ils font souvent office de preuve en cour », explique l’expert.

SUR LE TERRAIN

Tel un Columbo, le travail d’un inspecteur en qualité de l’air est de trouver des indices. Lors de son enquête, il fait le bilan des symptômes des occupants de la maison, regarde la déclaration du vendeur, fait une inspection visuelle et, au besoin, se déplace avec de l’équipement spécialisé comme une caméra infrarouge, un détecteur d’humidité, un hydromètre magnétique, etc. Parfois, il ne voit rien et doit prendre des échantillons d’air, puis faire des tests en laboratoire pour trouver la source du problème. Quelquefois le problème est si évident qu’il saute aux yeux. « Les principales causes de contamination sont souvent un dégât d’eau, une fissure à la fondation qui permet une infiltration, un problème de drainage, une mauvaise ventilation. Mais parfois, ce sont les habitudes de vie qui sont en cause », dit les inspecteurs en qualité de l’air.

Exemple d’un cas où l’air était vicié en raison d’un encombrement excessif d’une résidence. « Il y avait des boîtes de carton partout, ce qui a entraîné de la condensation puis de l’humidité. Sans parler du fait que l’air ne pouvait pas circuler. C’est la même chose si vous entrez six cordes de bois dans le sous-sol.

« Il y a fort à parier que vous allez vous retrouver avec un problème d’humidité. »

CONSEILS DE PRO

Avant de recourir à un inspecteur en qualité de l’air, les spécialistes suggèrent de surveiller le taux d’humidité dans votre maison. Ce dernier ne devrait jamais dépasser les 60 %. Si c’est le cas, il faut ventiler. Si vous devez recourir quand même à un spécialiste, je recommande de ne jamais accepter d’offre de vendeur itinérant. « Trouvez vous un spécialiste qui est membre d’un ordre professionnel comme les ingénieurs, architectes, les technologues professionnels du Québec, et faites affaire avec un laboratoire agréé. »

En présence de moisissure, il faut d’abord retirer les matériaux contaminés puis utiliser un aspirateur avec un filtre HEPA. « Les gens nettoient avec de l’eau de javel, c’est une erreur. En plus de s’intoxiquer, on ne fait qu’étendre le problème. Il faut ramasser les contaminants avec l’aspirateur et ensuite, laver avec de l’eau et savon.

LE PRIX

Les honoraires professionnels d’un inspecteur en qualité de l’air varie d’une entreprise à l’autre et selon le nombre de tests en laboratoire à effectuer. Les tarifs démarrent  environ à 500 $ pour l’inspection uniquement. Le coût est de 800 $ s’il s’avère qu’un échantillon et des tests supplémentaires sont nécessaires, ce qui n’est d’ailleurs pas toujours le cas.

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